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Fiche pratique · L’élégance

Cirer ses chaussures en cuir

Rendre à une paire de souliers son éclat et sa protection, et acquérir le geste qui les fera durer.

Nécessaire de cirage : brosses, pâtes et chiffons devant une paire de souliers
  1. 01

    Mettre les embauchoirs

    Avant tout, insérez les embauchoirs : ils tendent le cuir, effacent les plis de marche et donnent une surface régulière. Cirer une chaussure molle revient à peindre un tissu froissé.
  2. 02

    Décrotter et dépoussiérer

    Retirez les lacets. Brossez énergiquement l’ensemble, y compris la tranche de la semelle et le pourtour du talon, avec la brosse à crin dur. Passez un chiffon légèrement humide sur le cuir pour ôter la poussière fine — celle qui, sous le cirage, raye le cuir.
  3. 03

    Nourrir le cuir

    Appliquez la crème nourrissante au chiffon, en couche fine et en petits cercles. La crème pénètre et rend au cuir sa souplesse ; c’est elle qui empêche les craquelures. Laissez pénétrer quinze à vingt minutes.
  4. 04

    Lustrer

    Brossez vivement au crin de cheval, à mouvements rapides et légers. La chaleur du frottement fait ressortir la crème et donne le premier éclat. Terminez au chiffon sec, en frottant fort.
  5. 05

    Cirer

    Le cirage en pâte n’est pas un nourrissant : c’est une protection de surface, à base de cires. Appliquez-le en couche très fine sur les zones exposées — bout, contrefort, tranche —, laissez sécher dix minutes, puis lustrez de nouveau.
  6. 06

    Glacer le bout (facultatif)

    Pour un miroir sur le bout : au chiffon tendu sur l’index, déposez une goutte d’eau et une trace de cirage, et tournez en cercles minuscules, longuement, sans appuyer. Répétez cinq à dix fois en couches infimes. La patience seule fait le glaçage ; la quantité de cirage ne fait rien.
  7. 07

    Laisser reposer

    Remettez les lacets, laissez les embauchoirs en place et attendez une nuit avant de porter. Le cuir absorbe, les cires durcissent, et la tenue du brillant s’en trouve triplée.

À quelle fréquence

Après chaque port : embauchoirs et brossage de trente secondes. C’est le geste qui compte le plus, et le seul quotidien.

Toutes les cinq à dix sorties : nourrissage à la crème.

Une fois par saison : cirage complet, avec glaçage si l’on y tient.

Une fois par an : un passage chez le cordonnier — patins, talons, ressemelage si nécessaire. Une paire cousue Goodyear se ressemelle trois à cinq fois, ce qui explique qu’un beau soulier coûte moins cher à l’usage qu’un soulier collé.

Si les chaussures ont pris l’eau

Retirez les semelles intérieures, bourrez de papier journal — jamais d’embauchoirs sur un cuir gorgé d’eau, qui se déformerait en séchant tendu — et laissez sécher loin de toute source de chaleur, deux jours. Un radiateur cuit le cuir et le rend cassant en une seule fois.

Une fois sec, nourrissez généreusement : l’eau a emporté les corps gras.

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