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La vie mondaine

Dois-je dire « mon épouse » ou « ma femme » ?

Une règle circule, selon laquelle le choix dépendrait du contrat de mariage. Elle est fausse, et il vaut la peine de dire pourquoi — et ce que l’usage prescrit réellement.

Couple dansant lors d’une réception

L’inconvénient du mot « femme » qui signifie en français aussi bien « conjointe » que « personne de sexe féminin » fait que l’ajout du pronom possessif « ma » peut donner à l’expression une connotation machiste – involontaire, bien entendu – qui s’accommode mal avec les temps modernes, incitant tout un chacun à utiliser « mon épouse ».

C’est une erreur.

Le choix de l’un ou l’autre de ces deux termes se fait en fonction d’un aspect légal.

Si un contrat de mariage a été conclu, on utilisera « mon épouse », « mon époux ».

En l’absence de contrat de mariage, on utilisera « ma femme », « mon mari ».

C’est ce qui explique que l’on entende ces derniers mots plus souvent chez les personnes du commun.


Mise à jour de la rédaction

Ce texte fait partie du fonds initial de Savoir-Vivre.fr. En le reprenant, nous devons signaler une réserve, conformément à notre méthode.

La règle du contrat de mariage n’est attestée nulle part. Ni le code civil, ni les dictionnaires d’usage, ni les grands traités de savoir-vivre — Courtin, Staffe, Gandouin, Denuelle — ne lient le choix entre « ma femme » et « mon épouse » à l’existence d’un contrat de mariage. Nous n’avons trouvé aucune source à cette affirmation, et nous ne pouvons donc pas la maintenir comme règle.

Ce que l’usage prescrit réellement. Les deux formes sont correctes et parfaitement interchangeables sur le fond. Elles diffèrent par le registre :

  • « Ma femme », « mon mari » est la forme naturelle, courante et neutre. C’est celle que l’on emploie dans la conversation, y compris dans les milieux les plus attachés aux usages.
  • « Mon épouse », « mon époux » appartient à un registre plus soutenu, voire administratif. Employé constamment, il sonne empesé ; employé dans une présentation officielle ou un écrit formel, il est parfaitement à sa place.

Ce qui, en revanche, ne se dit pas — et c’est là que la règle est ferme :

  • « Madame Berger » pour parler de sa propre femme, ou « Monsieur mon mari ». On dit « ma femme », « mon mari », ou l’on emploie le prénom.
  • « Ma bourgeoise », « ma moitié », « la patronne » et les variantes plaisantes, qui ne conviennent ni en société ni devant l’intéressée.
  • Employer le prénom seul en présentant à un inconnu, sans préciser le lien : « Claire » ne dit pas à votre interlocuteur qui il salue.

Comment présenter. « Permettez-moi de vous présenter ma femme, Claire Berger. » — le lien, puis le nom. Elle se présente symétriquement : « Mon mari, Antoine Duval. »

Cet article fait partie du fonds initial de Savoir-Vivre.fr. Il est relu et complété au fil de nos mises à jour.

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